Nos yeux nous sont extrêmement précieux et fragiles, mais on ne ressent pas toujours de douleur lorsqu’il leur arrive quelque chose. Alors, en cas de problème aux yeux, certaines urgences ne sont pas toujours traitées aussi vites qu’elles le devraient, et risquent par conséquent de s’aggraver. Selon le Pr Jean Louis Bourges, responsable des urgences ophtalmologiques de l’hôpital Cochin à Paris, seuls 20% des problèmes oculaires sont amenés auprès des structures d’urgence. Les 80% restant sont vus par des pharmaciens et des médecins généralistes. Et pourtant, certains symptômes peuvent s’aggraver très rapidement et entraîner la cécité s’ils ne sont pas repérés et traités à temps.

Il est donc essentiel que tout un chacun puisse identifier les différentes pathologies qui sont considérées comme des urgences en ophtalmologie. La connaissance des motifs de consultations d’urgence vous permettra ainsi d’avoir le réflexe de vous rendre spontanément aux urgences SOS œil en cas de besoin.

Les motifs de consultations urgentes en ophtalmologie

Les consultations d’urgence en ophtalmologie peuvent être motivées par 2 causes bien spécifiques :

Les symptômes d’une pathologie

Différentes maladies de l’œil peuvent se manifester, mais il existe des signes communs qui permettent de les identifier : 15 % des cas portent sur une sensation de gêne persistante au niveau d’un œil ou des deux yeux, 40 % se manifestent par un œil douloureux, et 20 % par une altération de la vue qui s’accompagne souvent d’une baisse de l’acuité visuelle. Dans 5 % des cas, les patients présentent également un larmoiement.

Parmi les symptômes, il est également possible de citer les yeux rouges, la sensation de grain de sable dans l’œil ou sous la paupière, la baisse de vision brutale ou progressive, etc.

Ces signes se manifestent souvent de manière isolée, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils sont bénins. C’est la raison pour laquelle il est toujours fortement conseillé d’aller aux urgences.

Les traumatismes oculaires

En cas de traumatisme oculaire dû à un choc, une projection, la bonne pratique est de se diriger immédiatement aux urgences, même si aucun trouble visuel ni douleur ne se manifeste pour le moment. Le traumatisme est en effet toujours considéré comme étant grave jusqu’à ce qu’un spécialiste émette un avis contraire.

Pour éviter tout risque lié à un symptôme ou un traumatisme oculaire, il est donc fortement conseillé de vous diriger vers la structure d’urgence la plus proche afin d’établir un diagnostic et recevoir les soins nécessaires. En cas d’urgence ophtalmologique, des services tels que SOS œil par exemple accueillent les patients et victimes sans rendez-vous, de 8 h à 22 h sans interruption sur Paris.

Les pathologies d’urgence ophtalmologique

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Il existe des pathologies spécifiques qui nécessitent une consultation aux urgences dès que les premiers signes apparaissent.

En voici une liste non exhaustive :

Le chalazion

Le chalazion se manifeste souvent par une sensation de gêne au niveau de la paupière. Un point douloureux se forme et peut même démanger jusqu’à provoquer le gonflement de la paupière. Notez que le chalazion peut également se développer dans la paupière sous la forme d’une boule qui grossit progressivement. Elle peut rester gonflée durant plusieurs semaines, voire des mois.

Le chalazion est souvent confondu avec l’orgelet. Il s’agit en réalité d’un kyste qui se développe sous l’épaisseur des paupières. Lorsqu’il est enflammé, le chalazion peut être traité avec une pommade anti-inflammatoire, et un antibiotique en cas d’infection. À la phase enkystée, une incision chirurgicale sous anesthésie locale peut s’avérer nécessaire.

La conjonctivite infectieuse

La conjonctivite infectieuse se manifeste par un œil très rouge, des larmoiements et une sécrétion purulente qui colle l’œil le matin. Elle provoque également une forte sensation de grain de sable dans l’œil, qui occasionne beaucoup d’inconfort, mais pas de douleur aiguë. La conjonctivite infectieuse peut aussi entraîner une vision légèrement floue, mais pas réellement altérée.

Dans certains cas, un ganglion douloureux apparaît au niveau de l’oreille et s’accompagne des symptômes de la grippe : il s’agit d’une adénopathie prétragienne.

La conjonctivite est une pathologie qui peut également toucher la cornée sous sa forme la plus agressive. Elle peut être soignée à partir d’un traitement antibiotique, mais peut également cacher d’autres infections telles que l’herpès ou les kératites.

Le décollement de la rétine

Le décollement de la rétine se manifeste par des troubles de la vision au niveau d’un seul œil, mais ne s’accompagne ni de rougeurs ni de douleurs. Les troubles peuvent se manifester par une sensation de vision voilée, l’apparition d’éclairs lumineux les yeux fermés, ou d’ombres dans le champ de vision.

Il est question de rétine qui se décolle lorsqu’une poche de liquide se forme sous cette membrane. C’est cette poche qui obstrue la vision et qui s’agrandit à mesure que le décollement n’est pas traité. Le décollement de la rétine est une pathologie qui nécessite une intervention chirurgicale afin de retirer la poche de liquide.

La kératite

La kératite désigne l’inflammation de la cornée, un tissu clair qui se situe à l’avant de l’œil. Elle est souvent provoquée par une infection, mais peut également être causée par une blessure, ou le port trop prolongé de lentilles de contact. Le non-respect de l’hygiène relative au port de lentilles peut aussi entraîner la kératite.

La kératite se reconnaît par les yeux rouges, une douleur dans l’œil et une baisse de la vision. Son traitement s’effectue à partir d’antibiotiques sous forme de gouttes à verser dans l’œil. Notez que lorsque la kératite n’est pas traitée à temps, elle peut laisser des cicatrices visibles et même entraîner la perte de la vue.

Les uvéites

Les uvéites sont des inflammations de l’œil qui se manifestent par des rougeurs, une douleur et un éblouissement. Il en existe de plusieurs types, mais le plus courant est l’uvéite antérieure qui touche l’iris ou l’iritis.

Les uvéites constituent une urgence ophtalmologique qui nécessite un traitement rapide, car elles peuvent entraîner la cécité sur le long terme.

Elles sont traitées à partir d’anti-inflammatoires telles que les corticostéroïdes, sous forme de gouttes à verser dans l’œil. Si les uvéites sont persistantes, elles peuvent nécessiter des injections intraoculaires, c’est-à-dire l’introduction d’une aiguille très fine dans le blanc de l’œil pour injecter le traitement médicamenteux.

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Brandon Wright